Socio-économie
Cette étude est menée dans un contexte de considérable
augmentation du poids démographique du fait des réfugiés,
de forte imbrication entre les activités des populations
locales et réfugiées et de rôle de correfour
commercial de cette région avec les pays limitrophes et
les autres de Guinée. Les travaux portent sur l'insertion
des réfugiés dans l'économie régionale
et sur la place des réfugiés dans les structures
productives en milieu rural.
Pour l'étude portant sur
l'économie régionale, des marchés ont été
sélectionnés sur l'axe Kissidougou - N'Zérékoré
: Nzérékoré, Macenta, Kissidougou - et sur
des liaisons à cet axe - Sérédou, Bonodou,
Lola et Diécké. Des enquêtes ont également
été menées auprès de transporteurs,
grossistes et commercants détaillants. 817 opérateurs
ont été enquêtés. Les résultats
montrent une bipolarisation Kissidougou - Nzérékoré
et une forte concentration dans les centres urbains, avec par
exemple 4044 opérateurs économiques dans la seule
commune de Nzérékoré. 565 transporteurs sont
enregistrés à N'zérékoré, et
145 à Guéckédou (1998) et il m'est apparu
que de nombreux conducteurs de poids lourds étaient originaires
de Sierra Léone et du Libéria. Lors de l'étude
des réseaux d'échanges, il est apparu que l'offre
en produits vivriers chez les grossistes des gros marchés
était faible, alors que s'y trouvaient de nombreux produits
de plantations : huile de palme, café, cacao, cola. Les
réfugiés apparaissent à tous les niveaux
des filières. Ils sont collecteurs pour le café,
le cacao, la cola ; leur mobilité leur permet d'être
coupeur et vendeur de bois. Ils ont fortement développé
le parc automobile et le transport urbain. Enfin artisanat (menuiserie,
tapisserie) et restauration ont bénéficié
de la présence de réfugiés.
Pour l'étude de la participation
des réfugiés aux structures productives en milieu
rural, ont été étudiés : les modes
d'accés à la terre, la participation des réfugiés
à l'activité agricole, l'évolution des modes
d'occupation des terres au sein des terroirs et la pression foncière.
6 villages ont été choisis selon des critères
de diversité : écologique, économique, ethnique
et démographique, selon le type d'habitat (urbain, rural,
camp isolé) et selon l'ancienneté des camps. Ces
villages sont :
- Nonah, dans la sous-préfecture
de Pela (forêt classée de Diécké),
faible densité (<20h/km2), ethnie dominante Guerzé,
étude sur la régénération forestière.
- Dandano, dans la sous-préfecture
de Kouankan, faible densité (<20 h/km2), ethnies dominantes
Toma et Manyans, ancienne zone d'accueil de réfugiés
Toma.
- Baala, dans la sous-préfecture
de Diécké, moyenne densité (50 h/km2), ethnie
dominante Manons.
- Koimpa, dans la sous-préfecture
de Kiécké, moyenne densité (50h/km2), ethnie
dominante Manons
- Camp de Kouankan, dans la sous-préfecture
de Kouankan, faible densité, ethnie dominante Toma, ancien
camp où viennent d'être installés plusieurs
milliers de réfugiés venus de la languette (année
2000).
- Camp de Boreah, dans la sous-préfecture
d'Albadariah, faible densité, installation très
récente de réfugiés, ethnie dominante Kissiens
et Kono, alors que dans la zone dominent Kouranko et Malinke.
Trois questionnaires ont été utilisés
: pour le groupe des anciens de chaque village, pour les chefs de
ménage, nationaux et réfugiés, et pour les
chefs de ménage dans les camps de réfugiés.
Ces enquêtes ont été saisies et sont en cours
d'analyse.
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